Le secteur de l’immobilier, pilier de l’économie suisse

20 octobre 2020
170 vues
6 minutes de lecture

Les dernières statistiques démontrent l’importance du secteur immobilier pour l’économie suisse: le parc immobilier suisse génère 17% du PIB, occupe 556’000 équivalents plein temps et constitue une source de revenu fiscal majeure. L’ensemble des recettes fiscales imputables à ce secteur s’élève à 14,2 milliards de francs, ce qui représente 11% des recettes fiscales en Suisse.

La première étude consacrée à «L’importance de l’immobilier suisse pour l’économie nationale» a été publiée en 2014. Les statistiques qu’elle présente, qui peuvent être consultées en ligne via un atlas numérique de l’immobilier suisse (disponible uniquement en allemand), ont été élargies et intègrent désormais de nouvelles données cantonales. Ces statistiques ont été compilées et traitées par les bureaux d’études pom+ et Rütter Soceco sur mandat de l’Association suisse des propriétaires fonciers HEV Schweiz et de l’Office fédéral du logement (OFL). Les derniers chiffres concernant la contribution du secteur immobilier à la création de valeur montrent l’importance de l’ensemble du secteur pour l’économie suisse.

Croissance supérieure à celle de l’économie dans son ensemble

«La contribution de l’immobilier à la production économique s’élève à 11%. Revenus locatifs des bailleurs privés et valeur locative inclus, cet apport grimpe même à 17%, poids économique qu’aucune autre branche n’atteint à elle seule », explique Hans Egloff, président de HEV Schweiz. Entre 2011 et 2017, la création de valeur brute imputable à l’immobilier a crû de 12%, soit davantage que l’économie dans son ensemble (+8%). Chaque année, la branche génère 114 milliards de francs de valeur ajoutée. «Le secteur emploie au total 566’000 équivalents plein temps. Compte tenu du nombre important d’emplois à temps partiel dans la branche, le nombre de personnes employées est largement supérieur», précise M. Egloff.

Parc immobilier

Toujours entre 2011 et 2017, le parc immobilier est passé de 2,6 millions à 2,75 millions d’immeubles. Près des deux tiers des ouvrages sont dévolus au logement, avec parmi eux une part prédominante de maisons individuelles (1 million). Les nouveaux investissements se concentrent cependant davantage sur la construction de bâtiments à plusieurs logements, constitués, pour un tiers d’entre eux, de deux appartements. Plus de la moitié des 4,5 millions de logements sont actuellement des logements en propriété privée.

«Au total, l’immobilier rapporte 14,2 milliard de francs au trésor public, ce qui représente 11% de l’ensemble des recettes fiscales.»

Différences cantonales

L’impact économique de l’immobilier varie fortement d’un canton à l’autre. Sa part dans le PIB cantonal oscille entre 8 % à Bâle-Ville, 15% à Genève et 24% à Uri, avec un poids tendanciellement plus élevé dans les cantons ruraux que dans les cantons urbains. Dans les cantons ruraux, le domaine de la construction et les branches apparentées ont une importance plus grande que dans les cantons urbains, où les premiers rôles reviennent aux secteurs de la gestion d’immeubles et de la sécurité, aux bureaux d’architectes et d’ingénieurs ainsi qu’au logement.

Source de revenu fiscal importante

Au titre de l’impôt sur le revenu, l’État encaisse un total de 5,8 milliards de francs, auxquels s’ajoutent 2,5 milliards de francs d’impôts sur le bénéfice des entreprises, ainsi que des recettes fiscales directement imputables au secteur de l’immobilier, à l’image des impôts fonciers.

Martin Tschirren, directeur de l’OFL, souligne : « Les milieux politiques ont également besoin de disposer d’informations sur le marché de l’immobilier. L’actualisation de l’étude a montré que les bâtiments à plusieurs logements forment environ deux tiers de l’ensemble des surfaces de plancher dédiées à l’habitat. La moitié des 90’000 nouveaux immeubles d’habitation construits entre 2011 et 2017 sont des bâtiments à plusieurs logements, avec une augmentation accrue de leur nombre et, partant, de leur part à la surface de plancher. En d’autres termes, le sol est utilisé de manière plus efficiente. Les personnes privées, en possession de près de la moitié des logements loués, constituent toujours le groupe de propriétaires le plus important, même si leur proportion a diminué de façon notable par rapport aux chiffres de 2000.»

Comment appréhender le secteur de l’immobilier?

Le secteur de l’immobilier englobe le parc d’immeubles existant en Suisse, ainsi que les acteurs qui développent (bureaux d’architectes et d’ingénieurs), financent et commercialisent (institutions financières), produisent et revalorisent (entreprises de construction) et gèrent (gérances privées et publiques, conciergerie et sécurité) le bâti. Le lien entre le parc immobilier et les acteurs concernés est établi par le biais de processus et des effets financiers de ceux-ci sur le secteur immobilier. La valeur monétaire des prestations propres privées, comme les travaux réalisés dans le domicile et ses alentours, n’est pas prise en considération dans l’étude.

Atlas numérique en consultation libre

Tous les tableaux et graphiques de l’étude peuvent être visionnés en mode interactif dans un atlas numérique et téléchargés à partir de ce dernier. La plateforme permet d’afficher les chiffres, tableaux et graphiques par canton et par date. Toutes les données peuvent être exportées et utilisées librement. Enfin, un rapport succinct résumant les principaux résultats de l’étude est également disponible. Retrouvez les différents documents et liens d’accès sur notre site www.cgionline.ch, sous la rubrique «Actualités».

« »

Vous aimerez aussi :

Édito

Un accord aveugle contre la propriété

L’aménagement du territoire et plus spécifiquement la clé de répartition des logements à construire en zone de développement a toujours fait l’objet de vives tensions à Genève
Pascal Pétroz
3 minutes de lecture