Comment prendre soin de ses plantes quand on est absent ?

21 juin 2024
99 vues
7 minutes de lecture

L’été, il fait chaud, voire très chaud. Si l’humain rivalise d’ingéniosité pour faire face aux températures caniculaires, les plantes sont soumises aux mêmes réalités. Quelques conseils pour que votre jardin intérieur ne se transforme pas en enfer vert.

L’été, on part en vacances. C’est le temps de l’insouciance, jusqu’au moment où on se retrouve face à quelques problèmes domestiques qui n’avaient pas forcément été prévus à l’avance. Si la question des animaux a été réglée depuis longtemps, via des pensions ou quelques rares amis compréhensifs, qu’en est-il de ce magnifique jardin d’hiver ou de ces pots qui transforment un appartement en une quasi-forêt primaire d’intérieur ? Comment faire pour que les poumons verts qui embellissent et assainissent nos intérieurs ne virent pas, l’été passant, à la catastrophe environnementale ? Car si de de nombreuses jardineries proposent, d’octobre à mai, un service d’entretien pour les plantes d’orangerie et méditerranéennes notamment, comment faire face en juillet et août ? Vous ne le saviez peut-être pas, mais si les plantes peuvent souffrir de coups de chaud, elles sont aussi sujettes aux coups… de soleil.

Soyez ingénieux !

Concentrons-nous sur les plantes d’intérieur. Comme le spécifient Fran Bailey et Zia Allaway dans leur ouvrage
référence Le Petit Larousse des Plantes d’intérieur, celles-ci passeront sans encombre un long week-end, quel que soit le (manque de) soin apporté. Les cactées pourront même tenir jusqu’à deux semaines si vous les placez dans une pièce fraîche et lumineuse, et que vous les arrosez dès votre retour. Au-delà, il faudra mettre en place un plan d’action afin que votre plante en pot ne devienne pas aussi aride que le désert péruvien d’Atacama ! D’abord, il y a les techniques vieilles comme le monde où il s’agit de réveiller le ou la MacGyver qui sommeille en vous !

Vous ne le saviez peut-être pas, mais si les plantes peuvent souffrir de coups de chaud, elles sont aussi sujettes aux coups… de soleil.

La première consiste à utiliser une bouteille en plastique dont vous aurez préalablement découpé le fond et percé le bouchon. Celle-ci plantée la tête à l’envers dans la terre, votre plante pourra s’abreuver à une forme de goutte-à-goutte artisanal. La deuxième technique est dite de la mèche et a fait ses preuves pour les plantes individuelles et les grosses potées. Dans ce cas, après avoir posé un bol d’eau sur un pot retourné de façon à ce qu’il soit plus haut que le terreau lui-même, immergez le bout d’une mèche en coton dans l’eau d’un côté et enfoncez l’autre dans la terre. La troisième est celle de l’évier, où il s’agit de remplir celui-ci d’eau et de déposer un torchon sur le côté égouttoir de manière à ce qu’il trempe dans l’eau. Après y avoir déposé vos plantes (sans leurs cache-pots), le torchon imbibé va humidifier les plantes par capillarité.

©Wepot

Oyas, oyas, bonnes gens !

Plus esthétiques, les ollas sont des amphores en argile qui diffusent l’eau naturellement avec le gros avantage de pouvoir s’adapter à tout type de plante. Si la technique d’irrigation est ancestrale et semble avoir été citée pour la première fois dans des textes datant de plus de 2’000 ans, elle n’est revenue que récemment par chez nous. Notamment par le biais de la jeune start-up lausannoise Wepot, une aventure commencée dans un garage, avant
de prendre ses aises dans un espace de plus de 600 m2 du côté de Villeneuve. Où il est question d’économie d’eau, de détente hydrique et d’un renforcement possible des racines.

Dans une étude publiée en avril 2024 et menée par la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture du paysage de Genève (HEPIA) en collaboration avec les communes d’Ecublens, de Marly et la Ville de Lancy, les ollas ont démontré leurs nombreuses vertus (sur l’irrigation d’arbres d’ornement). Les résultats sont multiples avec une économie d’eau significative, un meilleur développement, un impact visuel réduit et clairement plus esthétique et une diminution du nombre d’arrosages nécessaires. Appelées aussi oyas, ces mini-jarres en terre cuite peuvent également être installées avec un système de guirlande qui les relie les unes aux autres. Veillez simplement à choisir une taille appropriée en version S, M ou L !

Laura, gardienne de vos plantes

Laura Repond, kinésiologue de formation, est une pionnière romande dans le domaine du plant’sitting, à savoir « l’art de garder des végétaux et d’en prendre soin, en l’absence de leur propriétaire ». Il s’agit peu ou prou d’un concept décliné du babysitting et du dogsitting, mais appliqué aux plantes. Si elle travaille d’un côté sur l’humain, « pour un mieux-être global, profond et durable », Laura Repond s’occupe possiblement de vos plantes de l’autre côté, pour comme elle le dit, « transmettre des valeurs profondes liées à la vie végétale ».

La solution est assurément alléchante. Laure Repond prend soin des pots à garder et, le cas échéant, peut aussi prodiguer les premiers soins en fonction des hausses de température possibles. À noter que des sites comme yoojo.ch ou needhelp.com offrent également ce type de prestations.

Une pensée pour les pensions

Installée à Lyon, le gardien des plantes est ce qu’on appelle une pension végétale, dont on apprécie beaucoup son postulat un rien culpabilisateur : « N’abandonnez plus vos bébés dans vos domiciles les volets fermés à les laisser mourir seuls et déshydratés pour finir remplacés par des nouveau-nés à chaque retour de congé de longue durée ». Si la capitale des Gaules est trop éloignée pour y déménager ses plantes, voilà une idée de laquelle s’inspirer par ici ?

À Genève, des contrats sont toujours possibles auprès de pépinières comme l’entreprise Jacquet, même si celle-ci va plutôt se consacrer à ses clients réguliers. Comme le rappelle très bien Valérie Lintz de La Pépinière Jacquet à Satigny, « déplacer des plantes l’été, alors qu’elles sont en pleine floraison, n’est pas la meilleure des solutions. Elles sont mieux là où elles sont ! »

« »

Vous aimerez aussi :

Édito

Revitaliser la ville

Tous les 10 à 15 ans, l’on se pose la question de manière prégnante de l’intensité de notre développement démographique et donc de celui de notre économie. Mesure-t-on seulement la chance que nous avons de nous poser cette question ?
Christophe Aumeunier
4 minutes de lecture