15 idées reçues passées au crible

18 mai 2026
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Démêler le vrai du faux en matière de rénovation. Pour apporter des repères concrets, Immoscope a soumis une
série d’affirmations fréquentes à deux professionnels du terrain : Raphaël Elio, directeur et fondateur de Hestera SA, société genevoise active dans le conseil en valorisation durable, et Carmelo Stendardo, architecte associé chez 3BM3 Atelier d’architecture.


Coûts & stratégie

« Rénover une villa coûte souvent plus cher que prévu. »

FAUX… sauf si le projet est mal préparé
Pour les deux experts, les surcoûts ne sont pas une fatalité : ils résultent le plus souvent d’un diagnostic initial insuffisant, faisant surgir en cours de chantier l’état réel du bâtiment, des contraintes normatives incontour-nables ou une extension nécessaire du projet initial.

« Fractionner les travaux permet toujours d’économiser. »

FAUX « C’est souvent un mauvais calcul », tranche Raphaël Elio. Même constat du côté de Carmelo Stendardo : échelonner les travaux entraîne des dou-blons, des reprises et des coûts fixes répétés.

« Une rénovation énergétique est rentable à court terme. »

FAUX (sauf cas particuliers)
Pour Raphaël Elio, tout dépend de la nature des travaux : si certains équipements permettent de réduire rapide-ment la facture énergétique, les interventions sur l’enve-loppe s’inscrivent dans un temps plus long. Au-delà de la rentabilité, la rénovation énergétique améliore avant tout le confort et participe de manière importante à la valorisation du bien.

« On peut estimer une rénovation de villa au simple prix au m². »

VRAI, mais à manier avec prudence
Les deux experts s’accordent : le prix au m² donne un ordre de grandeur, mais reste approximatif en rénova-tion. « Pour deux villas de surface équivalente, le coût peut varier de 800 à 3000 francs/m², selon qu’il s’agisse d’un simple rafraîchissement ou d’une rénovation lourde », précise Carmelo Stendardo.


Énergie & technique

« Une maison des années 70 ne peut pas devenir performante. »

FAUX Isolation, ventilation, chauffage, énergie solaire : les solutions existent. « Le principal obstacle n’est pas technique, mais économique », rappelle Carmelo Stendardo.

« Isoler le toit est plus prioritaire que changer les fenêtres. »

ÇA DÉPEND Priorité à la toiture sur le papier, aux fenêtres dans le ressenti : en réalité, seule une approche globale permet d’optimiser réellement la rénovation.

« Une pompe à chaleur est adaptée à toutes les villas. »

PLUTÔT VRAI… mais sous certaines conditions Pour Raphaël Elio, la pompe à chaleur est souvent un choix pertinent, mais n’a rien d’une solution universelle : son efficacité dépend du bâtiment et des conditions techniques. Carmelo Stendardo rappelle qu’elle suppose en outre des contraintes d’installation – techniques, acoustiques et réglementaires – parfois limitantes à Genève.


Matériaux & travaux

« On peut rénover sans architecte si le projet est simple. »

VRAI, mais… Possible sur le papier, risqué dans la pratique : dès que le projet gagne en complexité, l’architecte devient un levier indispensable de qualité… et d’économie.

« Les matériaux biosourcés sont toujours plus écologiques. »

FAUX Tout dépend de leur provenance, de leur durabilité et de leur mise en œuvre. « Un matériau biosourcé en provenance d’un pays lointain perd une grande partie de son sens écologique », rappelle Raphaël Elio.


Procédures & valeurs

« Les démarches administratives à effectuer pour organiser une rénovation de villa sont simples à Genève. »

PLUTÔT VRAI, mais… Plus simples qu’en PPE grâce à la présence d’un seul propriétaire, les démarches restent néanmoins tributaires du contexte du bien et des travaux projetés : contraintes patrimoniales, voisinage ou lieu d’implantation peuvent rapidement en accroître la complexité et nécessiter des procédures administratives conséquentes.

« En PPE, la mise en route de travaux énergétiques est difficile. »

FAUX Des blocages peuvent subsister – financiers, générationnels ou liés à des intérêts divergents – mais le contexte évolue. Subventions, exigences légales et prise de conscience accrue des enjeux énergétiques facilitent aujourd’hui les décisions collectives.

« Une rénovation énergétique augmente toujours la valeur du bien. »

PLUTÔT VRAI… avec réserve Appréciée sur le marché, la rénovation énergétique ne garantit pas tout : emplacement, qualité du bien et niveau d’investissement pour les travaux restent déterminants.


Dimension humaine

« Une rénovation est une décision rationnelle. »

IDÉALEMENT OUI… en réalité non Les deux experts convergent : au-delà des considérations financières, la décision de rénover intègre une dimension personnelle et émotionnelle. Comme le rappelle Carmelo Stendardo, une maison n’est pas qu’un actif : elle porte une histoire et incarne un projet de vie.

« Il faut être sûr à 100% avant de se lancer. »

FAUX « Sinon, on n’avance jamais », résume Raphaël Elio. Une part d’incertitude est inévitable ; l’essentiel est d’être bien préparé.

« Une rénovation améliore automatiquement le bien-être. »

VRAI… si elle est bien conçue Le confort du corps – en particulier thermique – s’améliore presque toujours ; celui de l’esprit se joue dans la qualité architecturale globale, rappelle Carmelo Stendardo.

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Édito

Éditorial – Mai 2026

Des finances publiques saines pour une fiscalité raisonnable. La Chambre genevoise immobilière, vénérable mais dynamique association, a été créée il y a plus de 100 ans et est reconnue d’importance cantonale. C’est à ce titre qu’elle représente les propriétaires du canton aussi bien devant les autorités cantonales que fédérales. Dotée d’un secrétariat permanent, elle est à même d’exprimer nos revendications dans divers domaines. Ainsi, loin de se cantonner aux seuls sujets relatifs à l’aménagement du territoire, à la construction et au droit du bail, elle est attentive à la défense de nos intérêts au sens large et donc aux éléments susceptibles de nous impacter directement.
Diane Barbier-Mueller
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