En période de taux bas, doit-on amortir plus ?

2 février 2022
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L’amortissement d’un emprunt est la partie du capital qui est remboursée à chaque échéance périodique, par exemple trimestrielle. Les directives émises par la FINMA, respectivement les normes bancaires, obligent les débiteurs de créances hypothécaires à réduire les engagements jusqu’aux deux tiers de la valeur du bien immobilier. Cependant, dans l’absolu, est-ce une bonne ide d’amortir ?

Dans le contexte actuel de taux bas, la réponse est oui, car si la facture des intérêts est légère, il est alors possible d’amortir une part plus significative de son prêt afin que l’engagement financier diminue plus rapidement. Cette affirmation est d’autant plus valable dans la situation d’amortissement indirect. Le mécanisme consistant à provisionner de l’épargne sur des contrats de prévoyance de type 3e pilier lié ou libre, permet de disposer de sommes substantielles, souvent garanties, pour réduire le prêt soit à une échéance de taux, soit à l’âge de la retraite.

En fait, le principe de l’amortissement prend tout son sens, car en provisionnant plus d’épargne au fil du temps, l’amortissement partiel de la dette n’en sera que plus conséquent et évitera ainsi, en cas de taux plus élevés à l’échéance, d’avoir soudainement une charge d’intérêts plus importante. On rejoint ici une autre définition du verbe amortir : réduire les chocs.

Un argument supplémentaire en faveur de l’amortissement est conditionné par le manque manifeste de rentabilité des valeurs mobilières depuis plusieurs années. Détenir aujourd’hui un compte épargne qui ne rapporte presque rien en termes de revenus n’est pas judicieux; il devrait être converti soit en investissement direct dans son actif immobilier, soit si la situation le permet, de manière plus pertinente dans des rachats de caisse de pension qui serviront à amortir son prêt de manière indirecte en augmentant la couverture de prévoyance. Le choix d’une telle option a plusieurs avantages :

  • Elle autorise de larges déductions fiscales pendant les années de provision,
  • La charge soutenable d’intérêts passifs est déductible fiscalement (dans les limites admises),
  • Elle permet de profiter du rendement des avoirs de prévoyance, certes en baisse, mais proches des taux d’intérêts hypothécaires et nets d’impôts,
  • Elle améliore dans la majorité des cas les rentes de retraites, d’invalidité, de veuve ou veuf ainsi que d’orphelins.

L’amortissement est une affaire d’équilibre entre le coût immédiat de la créance en fonction des taux et de son coût ultérieur. La probabilité que les taux soient plus élevés dans le futur est plus élevée que l’inverse. Il va alors de soi que si le débiteur d’une créance hypothécaire a les moyens d’amortir de manière importante, il a intérêt de choisir l’option de réduire ce prêt à son terme par le biais de contrats de prévoyance troisième pilier ou LPP. Il est conseillé d’être accompagné par un spécialiste du domaine afin d’optimiser son financement immobilier au fil des années et d’assurer la pérennité de son acquisition immobilière sur le long terme, malgré les risques existants sur le marché ou tout changement de situation personnelle.

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