À Genève, la vigilance s’impose face aux cambriolages et cas de home-jacking

18 mai 2026
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Le 12 mars dernier, la Chambre genevoise immobilière (CGI) a réuni ses membres à l’occasion de la séance annuelle de la Section des propriétaires de villa (SPV) et du Groupement des propriétaires d’appartement (GPA).

Le sujet a fait salle comble, témoignant de la préoccupation des propriétaires. Au cœur des échanges : les enjeux de sécurité, de prévention et de réponses judiciaires face aux cambriolages et autres formes de criminalité touchant les propriétaires.

Sécuriser son logement, sans céder à la panique

Comment sécuriser efficacement son logement sans tomber dans la surenchère technologique ou la peur excessive ? C’est à cette question qu’a répondu Patrick Carruzzo, directeur général de l’Académie Suisse de sécurité, premier invité de la soirée. Pour lui, il ne s’agit pas de dramatiser, mais de comprendre les risques et d’adopter les bons réflexes.

Patrick Carruzzo ©Magali Girardin

Première étape pour y parvenir : clarifier les types de menaces auxquels les propriétaires peuvent être confrontés. Le cambriolage survient le plus souvent en l’absence des occupants. Le home-jacking, plus rare – un peu moins de quinze cas recensés ces deux dernières années à Genève – mais aux conséquences potentiellement bien plus lourdes, implique une intrusion alors que les habitants sont présents, avec menace directe. Dans les deux cas, rien n’est laissé au hasard : les malfaiteurs observent, repèrent, anticipent – parfois durant plusieurs semaines – avant d’intervenir rapidement pour entrer, agir et repartir en quelques minutes.

Face à cela, une règle s’impose : concevoir la sécurité comme un enchaînement cohérent de protections.

Elle commence par l’environnement immédiat du bâtiment : éclairage, visibilité et sécurisation des accès – portes, garages, caves – pour limiter les risques d’intrusion, ces zones étant souvent les plus vulnérables. « Toute faille oubliée devient un point d’entrée potentiel pour les intrus », souligne Patrick Carruzzo. Même vigilance pour les fenêtres et baies vitrées, notamment au rez-de-chaussée. Les dispositifs techniques viennent compléter cet ensemble. Alarmes et caméras jouent un rôle dissuasif, à condition d’être correctement conçues. Des exemples ? Une sirène perturbe sans suffire à empêcher une intrusion ; une caméra sans enregistrement perd l’essentiel de son utilité.

En cas de home-jacking, la priorité est claire : protéger les personnes. Il ne s’agit pas de défendre ses biens à tout prix, mais de limiter les risques. Alarmes silencieuses, boutons d’alerte ou pièce refuge peuvent ainsi être envisagés en amont. Au-delà des équipements, Patrick Carruzzo rappelle toutefois que la sécurité repose aussi sur les comportements. Habitudes de vie, exposition sur les réseaux sociaux, visibilité des objets de valeur : autant d’informations susceptibles d’être exploitées par les criminels. En cas d’absence, quelques réflexes simples permettent de réduire les risques, notamment en simulant une présence, en prévenant des voisins ou en faisant relever le courrier.

Volet judiciaire : prévenir et sanctionner

La seconde partie de la soirée a été consacrée au volet judiciaire, avec l’intervention d’Olivier Jornot, procureur général du canton de Genève.

Olivier Jornot ©Magali Girardin

D’emblée, il a rappelé un principe simple : la meilleure manière de lutter contre la criminalité reste d’éviter qu’elle ne se produise. Toute mesure de prévention est donc essentielle, car même lorsque les auteurs sont identifiés et condamnés, le sentiment d’intrusion ou de violence ne disparaît pas.

Dans le prolongement de l’exposé de Patrick Carruzzo, Olivier Jornot a également mis en garde contre les escroqueries commises sous de fausses identités. Faux policiers, faux techniciens ou prétendus proches obtiennent parfois l’accès à un domicile par ruse avant de détourner l’attention des occupants. Son conseil est clair : ne jamais se fier à une simple présentation et vérifier systématiquement, quitte à appeler le 117.

Si la cybercriminalité occupe désormais une place centrale dans le travail des autorités, la lutte contre les cambriolages demeure importante. Le phénomène reste cyclique : après une baisse marquée ces dernières années, une légère reprise est observée. Quant aux cas de home-jacking, Olivier Jornot en souligne la gravité particulière en raison de leurs conséquences psychologiques.

Plusieurs cas récents ont été recensés dans une zone relativement circonscrite du canton. Les cibles sont principalement des villas, souvent occupées par des personnes âgées. Ces affaires impliquent fréquemment des groupes organisés, parfois liés au grand banditisme.

Face à ces phénomènes, Olivier Jornot plaide pour une réponse judiciaire très ferme. La prévention passe aussi par un message clair : ces infractions doivent être poursuivies et sanctionnées avec la plus grande rigueur.

DES SÉANCES GRATUITES RÉSERVÉES AUX MEMBRES CGI

©Magali Girardin

Chaque année, la CGI organise pour ses membres des séances d’information gratuites, sur des thèmes d’actualité : sécurité, fiscalité, travaux ou rénovations énergétiques…

L’occasion pour les propriétaires de rester informés sur des sujets clés, puis de se retrouver le temps d’un apéritif.

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Édito

Éditorial – Mai 2026

Des finances publiques saines pour une fiscalité raisonnable. La Chambre genevoise immobilière, vénérable mais dynamique association, a été créée il y a plus de 100 ans et est reconnue d’importance cantonale. C’est à ce titre qu’elle représente les propriétaires du canton aussi bien devant les autorités cantonales que fédérales. Dotée d’un secrétariat permanent, elle est à même d’exprimer nos revendications dans divers domaines. Ainsi, loin de se cantonner aux seuls sujets relatifs à l’aménagement du territoire, à la construction et au droit du bail, elle est attentive à la défense de nos intérêts au sens large et donc aux éléments susceptibles de nous impacter directement.
Diane Barbier-Mueller
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