Bien choisir son courtier

18 décembre 2019
239 vues
5 minutes de lecture

On ne s’improvise pas courtier : il faut de véritables connaissances professionnelles couplées à des qualités humaines indéniables. C’est le message de l’Union suisse des professionnels de l’immobilier (USPI Genève), association des gérants et courtiers immobiliers. Philippe Angelozzi, secrétaire général, nous parle du métier de courtier immobilier et de l’importance de faire appel à des professionnels qualifiés.

Que fait un courtier au quotidien ?

Philippe Angelozzi (PA) : Le courtier accompagne son client tout au long du processus de vente d’un appartement, d’une villa ou d’un immeuble. Généralement mandaté par le propriétaire, il agit dans l’intérêt de ce dernier en se chargeant des tâches suivantes : estimation de l’objet, montage du dossier, valorisation du bien, visites, négociations et liens avec le notaire.

Dans certains cas, notamment pour les transactions de biens immobiliers de luxe ou atypiques, le courtier peut assister l’acheteur dans ses démarches, en particulier pour la recherche et le financement de l’objet. Le courtier effectue donc de multiples tâches de suivi des dossiers de vente des biens immobiliers, mais occupe également une bonne partie de son temps sur le terrain. Il s’appuie sur son vaste réseau et sa base de données clients.

Quelles sont les compétences nécessaires à l’accomplissement de la profession ?

PA : La connaissance du marché immobilier, sous ses diverses facettes, est essentielle. Cela implique le cadre légal, règlementaire, juridique et fiscal. Une bonne maîtrise des aspects énergétiques (normes, subventions, etc.) et techniques (diagnostic, risques, coûts en lien avec les substances dangereuses telles que l’amiante) est également importante.

Et les qualités humaines requises ?

PA : C’est avant tout l’empathie. Un bien immobilier est souvent le fruit d’économies d’une vie ou issu d’un héritage familial. Il est doté d’une valeur émotionnelle : on ne vend pas sa maison comme on vendrait une paire de chaussures ! Le courtier doit savoir écouter, tout en conseillant adroitement. Ce métier demande un sens de la négociation et de la communication. Une bonne disponibilité est aussi nécessaire, le courtier étant souvent amené à faire des déplacements.

Ses interlocuteurs sont nombreux, car, outre les réseaux d’acheteurs et de vendeurs, le courtier a des contacts réguliers avec les promoteurs, architectes, notaires, banquiers, autorités communales, etc.

Comment un particulier qui veut vendre ou acheter un bien immobilier peut-il s’assurer du sérieux du courtier mandaté ?

PA : Il faut évidemment avoir « pignon sur rue », être inscrit au Registre du commerce et se soumettre à un Code de déontologie. Les membres de l’USPI doivent être au bénéfice d’une expérience professionnelle reconnue d’au moins trois ans et s’engager à suivre des formations continues.

Par ailleurs, les sociétés membres de l’USPI Genève sont tenues d’attester d’une situation financière saine et être correctement assurées (responsabilité civile, etc.). Enfin, les courtiers de l’USPI sont toujours rémunérés à la commission par leur client – vendeur ou acheteur, mais jamais les deux à la fois ! – et ce, uniquement si la vente est conclue. Un contrat écrit est établi au préalable qui indique le taux de courtage fixé.

Recourir à une régie (ou un courtier indépendant) membre de l’USPI Genève est un gage de qualité, car les exigences d’adhésion sont très strictes.

Les Labels Courtier et Formation de l’USPI Genève sont des signes distinctifs attestant d’efforts supplémentaires déployés par les agences qui les détiennent : l’ensemble de leurs courtiers sont tenus de suivre chaque année des formations continues afin de consolider leurs connaissances et d’être au courant des dernières évolutions règlementaires.

Quel regard portez-vous sur l’avenir de la profession ?

PA : Offrir des prestations de haute qualité est d’autant plus important aujourd’hui que les amateurs sont nombreux à lancer des start-up et des plateformes en ligne, avec des services parfois douteux. Ces modèles de courtage se basent généralement sur une tarification forfaitaire, que le bien soit vendu ou non. Ils n’offrent pas de garantie en termes de conseil ni de suivi.

Le métier de courtier ne revient pas à disposer d’un numéro de portable et mettre en relation un vendeur avec un acheteur. C’est bien plus que cela : c’est un accompagnement global du client de A à Z, jusqu’à la signature notariale. En passant par un courtier formé et expérimenté, on a la certitude de vendre son bien aux meilleures conditions possibles du marché.

Les chiffres sont parlants : cela permet d’augmenter jusqu’à 17% le prix final de vente !

Pour en savoir plus sur le courtage :
www.uspi-ge.ch/courtage

Formation

En Suisse, toute personne peut exercer le métier de courtier en immeubles sans aucune certification attestant de connaissances particulières. Cependant, la pratique du courtage fait face à une réalité économique, légale et fiscale complexe et en constante mutation. Un courtier avec des compétences à jour est un gage de réussite pour toute transaction immobilière. C’est pourquoi, il est vivement recommandé aux courtiers de se former, lorsqu’ils débutent ou par la suite en cours d’emploi.

Immobase Genève s’adresse aux collaborateurs particulièrement motivés pour suivre des cours pendant neuf mois et passer des examens ; l’enseignement touche les divers aspects de l’immobilier, dont le courtage.

Le module Courtage (3 heures) de CGI Conseils délivre un enseignement utile aux courtiers, notamment pour l’élaboration des contrats et les aspects fiscaux.
Les courtiers ont la possibilité d’accéder à des connaissances professionnelles approfondies en suivant le cursus Immoplus de l’APGCI. Cette formation permet en outre de se préparer
aux examens du Brevet Fédéral de Courtier.

Enfin, CGI Conseils et l’APGCI organisent six séminaires de formation continue par année sur diverses thématiques, dont certaines sont essentielles à la bonne pratique du courtage.
Ceux qui veulent explorer en profondeur tous les aspects du métier peuvent accéder au Brevet Fédéral de Courtier en immeubles. Les courtiers au bénéfice de ce titre se démarqueront par d’excellentes connaissances dans les domaines du droit/fiscalité, de la construction, du marketing immobilier et de la vente d’immeubles.

Pour toute information :
Secrétariat de l’APGCI
tél : 022 715 02 30 – www.apgci.ch/formations

« »

Vous aimerez aussi :

Édito

Des améliorations énergétiques supplémentaires passent par des incitations fiscales

Notre association est progressiste en matière d’améliorations énergétiques. Quoi que l’on pense des effets sur le climat, il est, de toute manière, rationnel de parvenir à ce que le parc immobilier construit soit plus performant et consomme moins d’énergie.
Christophe Aumeunier
3 minutes de lecture