Smart garden : des outils futés pour le jardin

21 août 2020
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Le concept du « smart garden » ou « jardin intelligent » gagnant peu à peu en maturité, il séduit toujours plus. Des systèmes modernes facilitent désormais le travail de jardinage et il est possible de confier des corvées à des robots – une aubaine pour les jardiniers et les horticulteurs.

Les premiers hommes ont marché sur la Lune en 1969. La même année, le Mowbot, ancêtre des robots tondeuses actuels, était présenté au public. Le journaliste de la revue américaine Popular Science ne tarissait pas d’éloge : « C’est magique, le Mowbot contourne tous les obstacles, il prend la direction d’un massif de fleurs et, prévenant, bifurque à droite ou à gauche, sans abîmer un seul pétale de soucis (…). » Cette prouesse fonctionnait grâce à un câble périphérique enfoui dans la terre et cinq capteurs à son bord. Présentée en 1995, l’Automower G1 d’Electrolux (devenue par la suite Husqvarna) est la première tondeuse robot « moderne ». À ce jour, les appareils de tous les fabricants sont des tondeuses hacheuses (principe du mulching) qui hachent finement le gazon et sont guidées par le câble périphérique vers leur borne de recharge. Les robots compensent leur puissance relativement faible, en comparaison des tondeuses manuelles, par des tontes fréquentes, généralement quotidiennes.

Husqvarna propose la gamme la plus large de robots de tonte. Automower 105, son modèle d’entrée de gamme (environ 1500 francs), peut tondre une surface maximale de 600 m2 pendant que, à l’autre bout de l’échelle, le modèle Automower 550 (environ 5000 francs), qui couvre jusqu’à 5000 m2, possède une navigation par GPS et peut détecter des obstacles à distance.

Même l’appareil le plus puissant affiche un niveau sonore de seulement 61 décibels et ne risque pas de provoquer l’ire des voisins en cas d’utilisation prolongée.

Disponible pour les appareils iOS et Android, l’application Automower Connect permet de piloter la tondeuse robot via un smartphone ou une tablette. Il existe une variante pour l’Apple Watch, pour une commande de la tondeuse au poignet. En cas de vol de la tondeuse, elle peut ainsi être localisée via l’application.

Un arrosage connecté

Il y a belle lurette que l’on peut remplacer le traditionnel tuyau d’arrosage par des systèmes d’irrigation. Ces solutions sont elles aussi devenues un peu plus « intelligentes » au cours des dernières années. Tandis que l’utilisation via un smartphone est l’atout mis en valeur pour les produits peu chers, les choses se compliquent légèrement pour les installations professionnelles.

« Il faut que les arroseurs soient de bonne qualité, que les commandes, ainsi que les capteurs de pluie et d’humidité, soient simples d’utilisation. Il est également essentiel de pouvoir partager le jardin en zones, car, selon que la zone soit située au nord, à l’est, à l’ouest ou au sud, elle n’aura pas besoin des mêmes quantités d’eau », explique Urs Peyer, directeur de Liwatec AG. Il ajoute que l’entretien régulier des produits est déterminant pour leur durée de vie : « Il faut purger les tuyaux et les soupapes à l’automne pour éviter les dommages dus au gel et, au printemps, il est recommandé de confier la mise en service de l’installation à un spécialiste. »

En plus de ces activités plutôt manuelles liées à l’installation, les arrosages automatiques requièrent également de bonnes compétences informatiques car, pour que le système puisse être commandé lorsque l’on est en déplacement ou en vacances, il doit être relié à des systèmes de gestion techniques, au WiFi ou à d’autres réseaux. Les coûts d’investissement pour un système d’arrosage professionnel et commandé par ordinateur, tablette ou smartphone varient selon les dimensions. Pour une surface de 250 m2 et quinze arroseurs, l’entreprise Liwatec AG estime les coûts entre 8’000 francs et 10’000 francs. Ceux-ci incluent tous les tuyaux, les soupapes, un capteur de pluie simple et le raccord à un robinet extérieur. Les installations d’une certaine taille doivent en outre être équipées d’un clapet anti-retour, directement raccordé à la distribution hydraulique du bâtiment.

Urs Peyer indique que les systèmes d’arrosage qui utilisent une citerne d’eau de pluie avec réalimentation automatique sont particulièrement demandés. Pour un petit système, ce réservoir devrait avoir une capacité d’au moins 4500 litres. Il faut débourser environ 20’000 francs pour un système d’arrosage couvrant lui aussi 250 m2 et comprenant une citerne d’eau de pluie à la capacité minimale citée plus haut.

Une connectivité toujours plus grande

La tonte du gazon et l’arrosage peuvent être automatisés dans une large mesure, d’où les efforts déjà déployés pour regrouper ces tâches et permettre leur exécution à un degré d’automatisation plus ou moins développé. Dans le segment des consommateurs, le smart system GARDENA offre déjà cette possibilité (kits d’entrée de gamme à partir de 600 francs environ). Outre les arroseurs et les tondeuses robots de GARDENA, il englobe notamment un programmateur d’arrosage, ainsi que des capteurs spéciaux qui mesurent la température extérieure, la luminosité et l’humidité du sol pour permettre un arrosage optimal.

Les caméras modernes, qui, auparavant, ne pouvaient être installées qu’à l’intérieur des bâtiments, sont aujourd’hui disponibles pour une utilisation en extérieur, dans des versions plus robustes, à l’instar d’Arlo Pro 2, de Netgear. Cette caméra envoie ses images par son propre réseau. Il faut débourser environ 290 francs pour la caméra nue et près de 490 francs pour le kit comprenant la station de base et deux caméras. Deux options d’alimentation sont disponibles : batterie ou câble Ethernet. Les images en résolution Full HD (1080 p) sont stockées gratuitement jusqu’à sept jours dans le Cloud de Netgear.

Caméra extérieure

En règle générale, la caméra n’enregistre des images vidéo que si elle détecte des bruits ou des mouvements. Un abonnement payant permet toutefois un enregistrement permanent ainsi qu’une extension de la durée de stockage des images. La caméra Arlo peut être connectée avec Alexa, l’assistant vocal d’Amazon, et avec l’application SmartThings de Samsung. De plus, elle est compatible avec le service IFTT (If this, then that) et peut donc faire office de tremplin vers d’autres actions.

Déléguer les travaux de nettoyage

Le nettoyage annuel des gouttières est un travail moyennement apprécié, car il est difficile et dangereux. En la matière, l’iRobot Looj 330 peut s’avérer fort utile. Celui qui fait penser à la fois à une brosse de ramonage, une brosse à dents et un jouet excavateur est composé d’un broyeur, puis de deux brosses suivies de bandes de roulement qui tractent relativement bien l’appareil dans les gouttières. Le robot ne peut pas enlever tous les détritus, mais les feuilles sèches ne lui posent aucun problème.

iRobot nettoyeur de gouttières

Avec sa batterie chargée, il peut nettoyer quelque 60 mètres de gouttières. Le modèle Looj 330 coûte environ 300 dollars américains. Il peut être commandé sur le site Internet du fabricant ; la TVA et d’autres taxes douanières, le cas échéant, s’appliquent lors de son importation en Suisse.

Ces robots nettoyeurs sont particulièrement intéressants pour les particuliers ; du reste, les robots aspirateurs et tondeuses font partie des types d’appareils les plus vendus. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que d’autres tâches de nettoyage peu appréciées soient elles aussi confiées à des robots, par exemple au Grillbot.

Grillbot pour barbecue

Comme son nom l’indique, ce minirobot nettoie les grilles de barbecue, froides ou encore chaudes. Ses trois brosses rotatives éliminent parfaitement les traces de graisse et les morceaux de suie et peuvent ensuite être mises dans le lave-vaisselle. Le Grillbot s’adapte à tous les types de barbecues : à charbon, à gaz ou électrique. Ses brosses sont en acier inoxydable, en laiton ou en nylon. Il est vendu dans plusieurs boutiques en ligne, à un prix situé entre 110 et 140 francs.

Un robot plongeur

Le Dolphin Bio S, de Maytronics (environ 2890 francs), est lui aussi un robot fort intéressant, conçu toutefois pour une utilisation dans l’eau. Il nettoie en effet les étangs de baignade. Avec son poids de 11 kg et une puissance d’aspiration de 17 m3 par heure, le robot convient aux bassins de 7 x 15 mètres. Il scanne le bassin pour déterminer ses parois et sa dimension ainsi que la zone de régénération. « Il évite ainsi la beach entry, c’est-à-dire l’entrée dans la zone de nettoyage », explique Cyril Kläy, conseiller de vente chez l’importateur général Aqua Solar AG. Il n’est pas nécessaire d’avoir un câble périphérique ou de programmer l’appareil, qui identifie le terrain grâce à ses algorithmes.

Dolphin Bio S – Maytronics

Le principal nettoyage des bassins se fait au printemps. À cette occasion, le Bio S peut être relié à un système de filtration externe. « Cela évite à l’exploitant le nettoyage fréquent des cartouches et permet un travail rationnel », précise Cyril Kläy. Voilà qui devrait susciter l’intérêt des horticulteurs qui proposent dans leur offre le nettoyage des étangs de baignade.

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