Des parfums pour combattre le blues de novembre

13 octobre 2021
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Durant les mois d’hiver, les douces fragrances sont particulièrement les bienvenues. Oublier son quotidien stressant, attaquer sa journée du bon pied ou puiser de nouvelles forces : et si la clé se trouvait dans les huiles essentielles ? L’important est de se tourner vers des produits de qualité et de s’en servir avec parcimonie.

Rares sont les stimuli auxquels les êtres humains sont capables de réagir aussi vite qu’aux odeurs. En effet, tout ce que nous humons est transmis à notre système limbique, une zone du cerveau qui gère notamment les émotions. Il génère ainsi une réaction quasi immédiate chez nous, pouvant aller de « Miam, délicieux ! » à « Beurk, dégoûtant ! ». Le fait d’apprécier certaines senteurs et d’en avoir d’autres en horreur est on ne peut plus personnel. Si, pour la plupart d’entre nous, l’odeur de la forêt ou d’un gâteau au chocolat sortant du four est agréable, elle peut tout aussi bien être liée à de mauvais souvenirs et provoquer une réaction de rejet.

« Il n’y a pas d’odeur qui plaise à tout le monde ; c’est une perception propre à chacun. On ne peut donc pas simplement proposer n’importe quel parfum à quelqu’un »,

explique Erika Haussener, directrice de l’école d’aromathérapie de Belp (Schule für Aromatherapie (SfA)).

À manipuler avec précaution

Quelques gouttes d’huile de bergamote non diluée sur la peau peuvent par exemple provoquer des éruptions cutanées ou des rougeurs. Erika Haussener tire donc la sonnette d’alarme :

« Il faut se renseigner sérieusement sur l’utilisation des huiles essentielles et ne pas croire tout ce qu’on raconte sur YouTube. »

Nous aurions tort de penser qu’elles sont inoffensives. Ainsi, une mauvaise utilisation peut déclencher des réactions allergiques ou des maux de tête.

Lorsque nous emménageons dans un nouvel appartement ou une maison qui vient d’être rénovée, il peut se dégager des odeurs désagréables de peinture fraîche, de certaines colles ou de meubles neufs. Si ces odeurs sont irritantes ou pénétrantes, il vaut la peine de faire intervenir un spécialiste en qualité de l’air intérieur afin de vérifier si elles comportent des risques pour la santé. En revanche, si celles-ci sont purement incommodantes, il est très simple de s’en débarrasser. « Lorsqu’une odeur légèrement perceptible imprègne une pièce, on peut avoir recours à des huiles essentielles d’agrumes, telles que le citron, l’orange ou le pamplemousse », indique Erika Haussener. Revers de la médaille : l’arôme de citron, présent dans de nombreux produits ménagers, s’évapore très rapidement.

Il se marie toutefois très bien avec des parfums herbacés ou boisés. On s’orientera dans ce cas vers les huiles essentielles à base de thym doux, de Cajeput (l’un des principaux ingrédients composant le fameux baume du tigre) ou d’aiguilles de pin. On pourra tout à fait y ajouter un peu d’encens.

Remède contre la dépression saisonnière

Les huiles essentielles peuvent aussi être utiles à l’approche de l’hiver. De nombreuses personnes ont le moral sapé par le froid, l’humidité et la grisaille. Afin de remédier à cette atmosphère morose, on peut se laisser tenter par des senteurs « cocooning » pour son intérieur. « Le parfum de vanille éveille des émotions positives chez la plupart d’entre nous. En effet, le lait maternel dégage une odeur proche de celle de la vanille, qui, associée au sentiment de sécurité éprouvé lors de l’allaitement, reste profondément ancrée dans nos mémoires », précise Erika Haussener.

Le parfum d’épicéa ou de cédratier a également un effet stimulant chez de nombreuses personnes. On optera pour la bergamote en guise de bouclier antidéprime lors des journées maussades de novembre. D’après l’experte, rien de tel que le romarin à cinéole pour combattre la fatigue.

L’essentiel est que les personnes avec lesquelles on vit supportent ces fragrances. Il peut donc être judicieux de choisir ensemble ses arômes. Enfin, il va de soi qu’on ne doit jamais utiliser ces huiles pour se parfumer ou parfumer ses enfants.

La qualité avant tout

Il peut y avoir des différences de prix considérables en fonction des huiles essentielles. Dans ce contexte, on accordera moins d’attention aux prix attractifs ou aux promesses alléchantes qu’à la qualité. Voici les caractéristiques d’un produit qualitatif d’après l’experte :

  • Des huiles essentielles de qualité sont 100% naturelles. Elles se composent idéalement de plantes issues de l’agriculture biologique ou biodynamique (label Demeter).
  • Tous les composants doivent être indiqués dans une des langues nationales. Les plantes doivent en outre être désignées par leur nom botanique (par exemple Salvia officinalis pour la sauge).
  • Les parties de la plante utilisées (comme la racine ou la fleur) et la méthode de fabrication (distillation, extraction, pression à froid, etc.) doivent également figurer sur l’emballage.
  • Une adresse claire offre une meilleure traçabilité, et une date de péremption facilite l’utilisation.
  • La législation suisse sur les produits chimiques impose l’affichage de certains pictogrammes de danger sur les étiquettes. Ceux-ci n’indiquent pas un danger à proprement parler, mais renvoient à une production responsable.

De nombreux fabricants suisses proposent leurs produits par l’intermédiaire de boutiques en ligne. Se rendre directement dans une droguerie locale peut constituer une bonne alternative : vous pouvez presque toujours commander les produits de votre choix et demander des conseils concrets aux vendeurs spécialisés en ce qui concerne l’utilisation et le mélange de différentes huiles essentielles.

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