Climat : seuls des objectifs proportionnés seront atteignables

4 mai 2021
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La CGI est progressiste en matière d’économie d’énergie. Cette politique n’est que le reflet de l’esprit de responsabilité qui caractérise généralement les propriétaires. Notre environnement nous importe et nous nous en préoccupons. En 2010, nous avons mené la campagne de votation populaire qui a consacré la loi cantonale sur l’énergie faisant de Genève un canton […]

La CGI est progressiste en matière d’économie d’énergie. Cette politique n’est que le reflet de l’esprit de responsabilité qui caractérise généralement les propriétaires. Notre environnement nous importe et nous nous en préoccupons.

En 2010, nous avons mené la campagne de votation populaire qui a consacré la loi cantonale sur l’énergie faisant de Genève un canton précurseur qui a imposé que tous les immeubles neufs correspondent à un haut standard de performance énergétique. Nous sommes arrivés à ce résultat par des discussions constructives avec le Conseil d’État et une majorité parlementaire, qui avaient amélioré très sensiblement le projet de loi.

Nos motivations n’ont pas changé. Nous sommes toujours prêts à la discussion.

Malheureusement nous devons toutefois constater que la nouvelle loi fédérale sur le CO2, soumise en votation populaire le 13 juin 2021, n’est de notre point de vue pas acceptable, car elle cible le parc immobilier en imposant une réduction de 50% de ses émissions de CO2 d’ici 2027. Un niveau d’exigence pareil n’est exigé d’aucun autre secteur. C’est le rythme imposé qui est ici contesté au regard des difficultés techniques non négligeables et des investissements colossaux que cela requiert de manière quasi immédiate. Nous recommandons donc de refuser ce texte.

En marge, des discussions sont en cours à Genève autour d’un nouveau projet de règlement de la loi sur l’énergie, pour lequel nous sommes consultés. En substance, nos revendications sont légitimes car nous appelons de nos vœux un texte proportionné qui tende à l’efficience énergétique.

Ce sont des obligations de résultats qui doivent être préconisées, et non certains travaux ou certaines techniques plutôt que d’autres. Il est aussi exclu de se voir imposer des travaux inutiles (pose de panneaux solaires sur des surfaces mal orientées).

En outre, les travaux à réaliser doivent pouvoir être financés. Cela devrait être possible pour les propriétaires individuels à l’aide de subventions et de déductions fiscales. S’agissant des immeubles loués, il faudra bien une adaptation de la LDTR qui permette non seulement de répercuter sur les loyers la baisse prévisible des charges, mais également le coût des travaux qui tendent à diminuer les émissions de CO2 et ce, dans le respect du droit fédéral.

Tout cela n’a évidemment de sens que si l’abandon de l’énergie fossile se révèle techniquement possible ce qui, en l’état, n’est pas avéré dans la pratique, par exemple pour des immeubles à rénover et comprenant plus de 15 appartements. C’est pour cette raison que nous demandons à l’État de suivre un parc immobilier test. Cette démarche est indispensable en termes d’exemplarité et d’acquisition de connaissances qu’il faudra ensuite largement partager. Nos prises de position complètes se trouvent sur notre site Internet www.cgionline.ch.

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