Nicolas Grange, nouveau président de la CGI

24 juin 2021
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Lors de l’Assemblée générale de la Chambre genevoise immobilière du 27 mai 2021, Nicolas Grange a succédé à Pascal Pétroz, arrivé au terme de son mandat. Rencontre avec le nouveau président de la Chambre genevoise immobilière.

Né à Genève, associé et administrateur de la Régie GRANGE depuis plus de 30 ans, Nicolas Grange a siégé de très nombreuses années au sein du Comité de l’USPI Genève, en commission de conciliation, et présidé pendant plus de quinze ans le Conseil d’école de l‘Institut d’études immobilières, dont il est lui-même diplômé après avoir obtenu une licence universitaire en science économique et commerciale. Il siège également dans plusieurs conseils d’administration d’entités en relation avec le secteur immobilier.

Le logement, et plus largement, l’aménagement du territoire demeurent les préoccupations n°1 des Genevois. Quelle analyse faites-vous de la situation actuelle ?
Genève rencontre depuis toujours différents facteurs qui entravent un développement harmonieux de son territoire et je citerais pour les principaux :
• un territoire exigu ;
• un clivage politique droite-gauche trop souvent bloquant ;
• une trop faible proportion de propriétaires ;
• une vision souvent étriquée de nos autorités politiques.

Les actions menées par la CGI ont de tout temps été nécessaires et efficaces afin de défendre la propriété foncière et les intérêts de ses membres, malgré un climat difficile et un environnement législatif le plus contraignant de Suisse. A titre d’exemple, je me suis toujours interrogé : comment le législateur a-t-il pu entériner en zone de développement un prix du terrain identique, quelle que soit sa situation, alors que dans toutes les universités du monde, on nous apprend que les 3 règles d’or de l’immobilier sont : situation – situation – situation.
À n’en pas douter, le dysfonctionnement de la zone de développement et les abus qui en ont parfois découlé viennent en grande partie de cette aberration et, même si la LGZD est en vigueur depuis plus de 30 ans, ces fondamentaux n’ont jamais été corrigés et cela démontre à quel point le système dans lequel nous évoluons est verrouillé et manque singulièrement de dynamisme.

Quels avantages y a-t-il à être propriétaire aujourd’hui ?
Sans conteste le très bas niveau des taux d’intérêts hypothécaires que nous connaissons depuis de nombreuses années et qui, selon moi, n’est pas près de s’inverser, rend la propriété foncière extrêmement attractive. En effet, si on convertit les intérêts hypothécaires et les charges de copropriété en loyer, pour un logement identique, un propriétaire d’appartement payera deux fois moins qu’un locataire.

Reste certes la problématique des fonds propres, mais la libération d’une partie de son 2e pilier est là pour y remédier partiellement et comment mieux profiter de son 2e pilier de manière anticipée qu’en vivant dans son propre logement ? Pour finir, malgré tout ce que l’on peut lire, le niveau des prix sur le canton de Genève est raisonnable par rapport aux grandes villes des pays qui nous entourent et compte tenu, des atouts incroyables que possède l’arc lémanique, les prix de l’immobilier résidentiel ne devraient pas connaitre de turbulences au cours de ces prochaines années.

Par ailleurs, en termes d’infrastructure, de sécurité, de paix sociale, Genève se trouve sans conteste sur le podium européen, d’autant plus qu’elle dispose d’un aéroport international de premier plan tout en se situant au coeur de l’Europe.

Quels projets l’action de la Chambre a permis de combattre ?
La liste est longue, mais si je devais en retenir 3 qui ont marqué ces 3 dernières années, cela serait sans conteste :
1. L’engagement de la CGI dans la réforme de la fiscalité des entreprises, qui était un sujet vital pour le maintien des multinationales nécessaires au développement de Genève.
2. L’engagement de la CGI dans la limitation des zones réservées telles que prévues par le Conseil d’état, qui auraient durablement entravé le développement de la ceinture périphérique genevoise et limité fortement l’accès à la propriété.
3. Pour terminer, l’engagement récent de la CGI pour l’obtention des différents accords VESTA, venant en aide aux locataires commerciaux touchés de plein fouet par le COVID et là aussi, cela a été une action nécessaire et salvatrice pour l’économie de notre canton.

Quelles seront les actions à venir de la Chambre ?
Les principaux enjeux qui nous attendent au cours de ces prochaines années sont de toute évidence :
1. Les défis écologiques colossaux auxquels nous sommes confrontés, sachant que les bâtiments sont un des plus gros pollueurs de la planète. Il est cependant exclu que les propriétaires genevois aient à supporter seuls les coûts faramineux de nouvelles installations ou rénovations dans des délais intenables. Tirons les leçons du passé et évitons les délais impossibles de remplacement des fenêtres.
2. La défense de la propriété foncière dans un environnement où l’étatisation du sol est omniprésente.
3. La fiscalité immobilière afin que Genève reste une place attractive tant pour les entreprises que pour les individus, car la croissance – donc les recettes fiscales – a besoin d’un environnement stable et attrayant faute de quoi les principaux contribuables quitteront irrémédiablement Genève.

Sur-solliciter les propriétaires genevois pour éponger la dette de l’état, c’est prendre le risque à termes d’un exode des contribuables vers Vaud ou la France, ce qui entrainerait un effondrement des recettes car, pour rappel, les propriétaires contribuent largement aux finances du Canton. C’est aussi mettre en difficulté des retraités qui ont acquis leur villa ou leur appartement il y a de nombreuses années. La CGI est fortement mobilisée sur l’ensemble de ces thématiques pour défendre les droits et les intérêts des propriétaires genevois.

Je n’aimerais pas terminer cette interview sans remercier chaleureusement notre Président sortant Pascal Pétroz pour ses 3 années de présidence qu’il a assumées avec brio et un enthousiasme sans égal. Il aura marqué sans aucun doute sa présidence de son empreinte avec de très nombreux combats gagnés et une facilité déconcertante à parler avec toutes les forces politiques, quel que soit leur positionnement.

Un grand merci aussi à notre secrétaire général Christophe Aumeunier pour son engagement sans faille et sa grande connaissance des rouages du fonctionnement de notre monde associatif et de notre système politique, et sans qui le bilan des actions menées par la Chambre n’aurait pas été le même.

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Édito

Editorial - Juin 2021

Merci Pascal !
Christophe Aumeunier
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