Pourquoi rénover et à quel moment ?
On ne rénove jamais par hasard. Il existe toujours des éléments déclencheurs. Pour aider les propriétaires à anticiper, Immoscope ouvre une nouvelle série consacrée à la rénovation. Premier volet : comment identifier le bon moment pour se lancer ?
Parfois, un composant du bâti cède soudain : une fuite, une panne, une dégradation visible. Plus souvent, ce sont de petits signes, matériels ou psychologiques, qui s’accumulent : un confort thermique qui se dégrade, une salle de bain vieillissante, une installation électrique datée ou simplement la perte de plaisir à habiter son logement. Pour Éric Maria, architecte et directeur d’EMA Architectes Associés à Genève, une rénovation ne naît jamais d’un seul facteur. « Il y a toujours deux niveaux à considérer : l’obligation technique et réglementaire et l’évolution du confort de vie », explique-t-il.

Les motivations sont en effet à la fois collectives et personnelles. Sur le plan sociétal, les normes énergétiques, l’évolution des lois ou la mise en place de subventions encouragent les propriétaires à améliorer leur bâtiment. Mais une autre dimension compte tout autant : l’usage quotidien. « Les logements ont énormément évolué en 30 ou 40 ans. Ce qui était considéré comme confortable à l’époque ne l’est plus aujourd’hui », observe Éric Maria. Il souligne également qu’un matériel ancien peut encore fonctionner, mais ne plus répondre aux exigences actuelles de sécurité, de performance ou d’usage.
Confort et bien-être, entre concret et ressenti
Dans bien des cas, la baisse du confort thermique devient l’un des premiers signaux qu’il est temps d’agir : courants d’air, murs froids, humidité localisée, surchauffe estivale… Autant de marqueurs d’une enveloppe dégradée ou d’un système technique fatigué. Mais il existe aussi un confort plus immatériel : celui vécu au quotidien. Un logement trop sombre, mal organisé ou devenu peu fonctionnel impacte directement le bien-être.

Parfois, un simple désir de « rafraîchir » une pièce met en lumière un problème plus profond. « Une envie de remplacer une cuisine ou une salle d’eau révèle souvent autre chose : en ouvrant un mur, on découvre des colonnes de ventilation dépassées, des réseaux électriques vieillissants ou une plomberie en fin de vie. Derrière une intervention purement esthétique, c’est très fréquemment tout un diagnostic technique qui s’impose », souligne Éric Maria.
Un processus continu
Notons que beaucoup de propriétaires considèrent encore la rénovation comme un grand chantier ponctuel. Or, elle s’apparente bien davantage à un processus continu. « Un bâtiment doit être suivi comme un organisme vivant : un check-up régulier permet d’éviter les gros problèmes », insiste Éric Maria. Les professionnels analysent généralement plusieurs éléments : la structure, l’enveloppe extérieure, les réseaux techniques, l’usage réel des pièces, les points sensibles à l’eau ou encore les systèmes de chauffage et de ventilation.

Cette vision globale permet d’éviter les incohérences coûteuses : refaire une salle de bain sans toucher à la colonne technique, remplacer des fenêtres avant d’améliorer la façade ou enchaîner des étapes mal coordonnées. Dans le doute, mieux vaut anticiper les mises à niveau techniques plutôt que d’y être contraint dans l’urgence. Pour Éric Maria, « une rénovation n’est jamais un simple “moment”. C’est l’aboutissement d’une observation continue, d’un entretien attentif et d’une décision réfléchie ».











