La cuisine : noyau du foyer

18 octobre 2022
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Aujourd’hui, on ne recule devant aucune dépense pour tirer le maximum de sa cuisine. Rien d’étonnant à cela : il faut y voir l’une des nombreuses conséquences de la crise sanitaire.

Ces derniers mois, la pandémie de coronavirus a eu un impact sur le quotidien de chacun et chacune d’entre nous. De nombreuses personnes ont transféré leur bureau à domicile. Ce qui était inhabituel pour la plupart d’entre nous au début est devenu monnaie courante. Nombre d’entreprises, dont de grandes banques ou compagnies d’assurance, continueront à proposer à leur personnel de travailler à domicile − du moins en partie. Cette nouvelle donne confère une nouvelle importance à notre logement,  faisant passer au premier plan celui qui est voué désormais à satisfaire des besoins beaucoup plus larges du fait que les frontières entre vie professionnelle et vie privée s’estompent. La cuisine a elle aussi fait l’objet de ce bouleversement. Si l’on avait l’habitude de dîner, voire de souper, à l’extérieur, la pandémie a placé la cuisine au cœur de la vie sociale.

Depuis que sortir et se faire dorloter au restaurant n’est plus une option évidente, la cuisine est devenue synonyme de bon temps, d’échange et de qualité de vie. D’après l’étude des tendances « Küche & Haushalt nach Corona » (publiée uniquement en allemand ; Cuisine et ménage post-COVID), commandée par Siemens Électroménager au Zukunftsinstitut, près de 70 % des personnes interrogées accordent davantage d’importance au fait de cuisiner elles-mêmes. 36% d’entre elles affirment cuisiner plus souvent qu’avant la crise sanitaire, et en aucun cas avec des produits bon marché achetés dans des enseignes de hard-discount. La prise de conscience en faveur de la qualité est montée en flèche. La multitude de cours et de livres de cuisine ne laisse planer aucun doute : la tendance est à la confection de son propre pain ou de ses pâtes et à la conservation des fruits et légumes récoltés dans son jardin pour l’hiver.

« Si l’on avait l’habitude de dîner, voire de souper, à l’extérieur, la pandémie a placé la cuisine au cœur de la vie sociale. »

Croissance de 5%

Qui dit plus de temps passé dans la cuisine, dit exigences accrues envers sa conception et ses équipements. C’est ce que nous confirme Rainer Klein, directeur de l’association faîtière Cuisine Suisse : « Depuis le COVID, nous percevons une nette hausse de la demande. Les fabricants de cuisine ont enregistré une croissance de 5 % ces derniers mois, et tous nos membres sans exception font le plein. » Mais cette évolution ne s’explique pas uniquement par la tendance au « cocooning ». Les possibilités de voyage et de sortie étant restreintes, le budget est disponible et permet d’envisager une transformation de sa cuisine. À cela s’ajoute le regain de conservatisme au niveau des valeurs observé chez les millennials − les personnes nées après l’an 2000 − que l’on peut résumer par « My home is my castle ». Les gens ont de plus en plus à cœur de se sentir bien chez eux, de passer du temps en famille et de pouvoir faire leurs propres choix de vie privée. « Le besoin de se créer notre propre espace tel que nous l’avons imaginé s’est sans doute renforcé depuis le confinement et la limitation de la vie sociale », argue Rainer Klein.

Des matériaux chaleureux et naturels

Aujourd’hui, la cuisine n’est plus seulement le lieu où l’on prépare à manger. Elle est devenue depuis longtemps un espace de rencontre et de détente. La cuisine doit être la plus agréable possible et correspondre aux attentes personnelles de ses occupants en tant que pièce centrale du logement. « Il n’y a pratiquement plus de cuisines prêtes à monter, comme cela se faisait avant », poursuit le directeur de Cuisine Suisse. Même les cuisines produites à la chaîne sont désormais adaptées en fonction des souhaits de chaque client. Le plan libre reste très demandé et doit de préférence intégrer des matériaux naturels. Le bois est fort apprécié dans toutes ses déclinaisons, qu’il soit brut ou foncé. Ceux que les coûts et l’entretien n’effraient pas optent pour des surfaces en laiton ou en bronze.

« Le besoin de se créer notre propre espace tel que nous l’avons imaginé s’est sans doute renforcé depuis le confinement et la limitation de la vie sociale. »

Par ailleurs, la pandémie a de toute évidence donné un important coup d’accélérateur à la numérisation, une évolution qui se fait également sentir dans la cuisine, comme le soulignent les auteurs de l’étude mentionnée plus haut. Ceux-ci constatent en effet une hausse de la demande de solutions technologiques intelligentes à valeur ajoutée pour les appareils électroménagers et la cuisine. Ces nouvelles exigences peuvent s’expliquer par une organisation plus stressante du quotidien, rythmée par le télétravail et l’école à la maison. D’après les auteurs de l’étude, les appareils électroménagers doivent être plus silencieux, plus rapides et plus simples d’utilisation tout en s’intégrant mieux aux autres équipements.

Les bonnes choses prennent du temps

Attention toutefois : si vous souhaitez rénover votre cuisine, vous devrez composer avec d’importants délais de livraison. « En raison de la pandémie, de nombreuses pièces connaissent actuellement des pénuries », prévient Rainer Klein. Il est par exemple difficile de trouver certains composants tels que les pièces de quincaillerie, les matériaux de connexion ou les moteurs sur le marché international, ce qui impacte le travail des menuiseries. Si les délais de livraison étaient auparavant de quatre à huit semaines pour des composants individuels, il faut à présent en compter le double. Sans oublier que les hausses de prix considérables des matières premières et des produits semi-finis se répercutent dans une mesure similaire sur les prix des cuisines finies. Les maîtres d’ouvrage ont tout intérêt à s’atteler au plus tôt à la planification. « Il est important que notre clientèle ait conscience de la situation actuelle et fasse preuve de la souplesse nécessaire », poursuit le directeur de Cuisine Suisse. Pour l’heure, rien ne permet encore de savoir quand la situation se détendra. Pour patienter, que diriez-vous de faire des conserves de fruits et légumes ou de confectionner un pain au levain bien croustillant ?

Toutes les cuisines présentées ici ont été nominées pour le Swiss Kitchen Award 2021.

https://www.swiss-kitchen-award.ch 


Herrenrain Umbau

Discrétion et élégance : le plan de travail en laiton donne un nouvel éclat à l’ancien bâti, permettant à cette cuisine de s’affirmer tout en élégance. Cuisiniste : Amberg Architekten AG, Sursee Cuisiniste : Dubach Urs AG, Büron ©Cuisine Suisse

Sommerhaus

Outre ses équipements haut de gamme, cette cuisine offre des surfaces de travail ergonomiques ainsi que de généreux espaces de rangement. L’îlot de trois mètres de long, qui sert à la fois de plan de travail et de table à manger, attire tous les regards. Architektur Skop AG, Zurich Späti Innenausbau AG, Bellach ©Cuisine Suisse

Churer Altstadt

La légèreté est le principe fondamental de cette cuisine, qui s’offre aux regards traversants.  L’objectif était de développer un meuble qui ferait bouger les lignes de la conception classique des cuisines. Architektur Studio O, Coire ; Möbelmacher Serge Borgmann Coire ©Cuisine Suisse
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