Le chardon : vous aimez ses cousins, mais votre gazon le craint

3 février 2026
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En février, on peut commencer à bichonner sa pelouse. Il faut notamment contrer un envahisseur vivace : après avoir dégusté ses cousins dans les assiettes, le temps est venu de combattre le chardon.

Parmi les invités indésirables dans votre gazon, l’un des plus problématiques est le chardon – un terme générique qui désigne une série d’espèces à épines d’une famille nombreuse, les astéracées (qui comptent dans leurs rangs l’emblématique cardon si cher aux Genevois, mais aussi l’artichaut). L’apparition du chardon peut être le signe d’un sol trop riche ; aussi, n’abusez pas des fertilisants azotés !

La vigoureuse prolifération du chardon est favorisée par un système racinaire au développement ultrarapide. Chaque plant peut ensuite produire des milliers de graines par pied, dont plusieurs centaines seront en mesure de germer, parfois des années plus tard ! Une fois installé, il étouffera votre pelouse et y créera des trous en captant l’eau, les nutriments et la lumière.

Pour éradiquer cet envahisseur, il faut s’armer de patience et surtout agir tôt dans l’année, avant la floraison. L’arrachage manuel (avec des gants épais et par temps humide, quand la terre est meuble) ne sera efficace que sur les jeunes plants. Mieux vaut agir par fauchage, en tondant régulièrement à la sortie de l’hiver et au printemps, ou en coupant le pied manuellement à la base. Cela aura pour effet d’affaiblir peu à peu la plante : privée de photosynthèse, elle devra puiser dans ses réserves racinaires, jusqu’à dépérir.

Mieux vaut prévenir que guérir

Mais ces techniques valent surtout au début de l’apparition du chardon. Une fois votre pelouse colonisée, elles sont le plus souvent inutiles. On peut opter pour l’utilisation de vinaigre blanc, d’eau salée ou de désherbants à verser sur les pieds coupés : très efficace, mais tout aussi néfaste pour la qualité de votre sol et pour la biodiversité dans votre jardin.

Une solution efficiente et bien plus douce consiste à accepter de ne pas avoir que du gazon à proprement parler et à semer des espèces robustes concurrentes du chardon, notamment la luzerne, cultivée depuis des millénaires : elle occupera le terrain, supportera la tonte, enrichira le sol et empêchera l’installation de l’indésirable à épines.

De manière générale, une pelouse dense et en bonne santé, sur un terrain enrichi au compost, à la surface aérée et ameublie et dont les zones de sol nu sont vite confiées à la luzerne, au seigle ou à la vesce par exemple, limitent fortement l’implantation du chardon. À méditer, car avec cet intrus très vivace, mieux vaut prévenir qu’avoir à guérir.

 

ATTENTION AUX TAUPES !

Cet autre intrus ne plaît pas plus à votre pelouse ou votre potager. Il convient d’agir à l’apparition des premières taupinières, car une fois une femelle fécondée dès le mois de mars, 3 à 6 petits mettront moins de 3 mois pour naître, grandir et s’émanciper. L’été venu, votre jardin peut ainsi avoir changé d’aspect !

On n’est pas forcé d’utiliser la manière forte contre la taupe. Une solution douce consiste à la faire fuir en utilisant contre elle ses forces : son odorat et son ouïe sont d’une acuité exceptionnelle. De bons répulsifs inoffensifs sont ainsi basés sur l’odeur ou le son : du purin de sureau ou des poils de chien ou de chat placés à l’entrée des galeries la feront déguerpir, tout comme une borne à ultrasons.

Autre possibilité douce, et aussi esthétique : installez de l’épurge à proximité de votre potager. L’animal évite soigneusement les racines de cette plante qu’on n’appelle pas « herbe à taupe » pour rien !

 

QUESTIONS-RÉPONSES : BICHONNEZ VOTRE GAZON

Quand effectuer la première tonte ?
En février s’il fait doux pour la saison ou alors en mars, par temps sec, à mi-hauteur et en éliminant les déchets de tonte pour éviter les moisissures. Tondre est un soin important pour la pelouse, tout comme enlever la mousse, scarifier, semer et fertiliser.

Peut-on semer du gazon en février ?
Cela aussi dépend de la météo. En général, mieux vaut attendre mars, quand les températures minimales dépassent les 7 degrés.

Que faire si l’eau s’accumule ?
Piquez le sol pour que la terre « respire » et absorbe mieux l’eau, et évitez de trop marcher sur votre gazon détrempé.

Faut-il tolérer la mousse ?
Non, mieux vaut l’enlever avant la première tonte car elle étouffe les brins d’herbe et empêche la repousse. Utilisez un râteau, ce qui aérera aussi la surface.

Le gazon a l’air malade ou moisi, que faire ?
Scarifiez soigneusement les zones concernées en fin d’hiver. Au printemps, vous pourrez griffer ces trous, répandre du terreau, semer du gazon, passer le rouleau puis arroser. Si vous évitez de piétiner ces zones, de nouveaux brins d’herbe apparaîtront en quelques jours.

Comment fertiliser la pelouse ?
Un engrais de saison peut être utile à l’automne. En sortie d’hiver, on peut renforcer la croissance avec un engrais riche en azote, potassium et phosphore. Il existe des solutions respectant la biodiversité du jardin, en particulier les polinisateurs, si utiles si vous avez un potager, des arbres fruitiers ou des fleurs. Mais attention, en utilisant trop d’engrais, on favorise les plantes envahissantes comme… le chardon !

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