Miroir, miroir, dis-moi qui est la plus Stabelle ?
Aussi incontournable que relativement désagréable au séant, elle fait partie de l’imaginaire alpin. Si la Stabelle est toujours de bois, elle est aujourd’hui largement réinterprétée, au point d’être transformée en icône montagnarde.
Classique rustique s’il en est, elle est cette chaise de chalet qui meuble depuis des générations les intérieurs alpins des résidences bernoises, valaisannes ou grisonnes. Un intemporel de la décoration d’alpage et des restaurants de montagne. Du pur jus qu’on peut apercevoir notamment dans pas mal de rénovations helvético-vernaculaires dues à la Fondation Vacances au cœur du patrimoine ou dans l’historique refuge du Montenvers, à Chamonix.

Si la « Stabelle » tient son nom de la région alpine germanophone d’où elle est originaire, elle est surtout hautement reconnaissable à son aspect général. Une chaise lourde, massive et un tantinet « tape-cul », pour être honnête. Un assemblage, assez sommaire au premier abord, de pieds et de planches avec quelques arabesques stylistiques pour en décorer le dossier. Une chaise composée sur un tas de bois ou presque par des montagnards aux talents de charpentier/menuisier, mais qui répond néanmoins à quelques principes : « Une chaise en bois avec quatre pieds inclinés et un dossier plat qui s’emboîte dans l’assise massive ». Anciennement, cette version améliorée du tabouret se nommait « Brettstuhl », la chaise à dossier. Difficile de faire plus synthétique.
Des tabourets améliorés
Ces dernières années, un petit nombre de designers principalement helvétiques en proposent des versions plus contemporaines, toujours dans l’esprit « montagne », mais en jouant sur les formes, les essences ou le fonctionnalisme. Les assises se font plus incurvées pour un surcroît de confort, les trous de préhension plus joueurs comme sur la version « fantômalière » de la Japonaise Tomoko Azumi pour Röthlisberger, ou la densité moins lourde comme sur la série Edelweiss du Valaisan d’origine Philippe Bestenheider. Celle dessinée par le duo zurichois SchindlerSalmerón est même empilable, au besoin.
Dans une récente collaboration entre le géant Micasa et l’École cantonale d’art de Lausanne, le (jeune) designer Noah Stanley en a profité pour livrer sa version de la chaise de chalet : « J’ai essayé de réinterpréter cet archétype tout en préservant son essence. Elle est livrée en kit dans une boîte plate, prête à être assemblée ».
Maintenant que vous avez les chaises, ne reste plus qu’à trouver le chalet…












