Plantations d’automne et taille printanière

1 novembre 2017
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Au jardin, la question qui se pose souvent en été est : je tire ou je pointe ? Dès l’automne, on se demande : je taille ou je plante ?

Quand arrive l’automne et le bal des souffleuses, on se retrouve dans une dynamique de nettoyage pour tout ranger pour l’hiver. Ayant tous envie d’avoir un jardin propre et en ordre pour ne pas avoir à y penser pendant la saison froide, c’est à ce moment précis que nous commettons l’erreur la plus courante en jardinage : nous taillons. Cette taille nous offre la perspective agréable de ramasser les branches et les feuilles, de déposer tout cela au compost et de rentrer chez nous dans notre salon bien chauffé heureux de l’effort fourni et du travail accompli. Une fois ce dur labeur effectué, nous nous disons que nous planterons au printemps.

Or, la taille des arbustes ornementaux, des arbres fruitiers, de la vigne et d’autres plantes encore devrait être faite juste avant le printemps.

Ceci pour deux raisons : premièrement, l’hiver peut provoquer plusieurs types de dégâts sur les plantes. Il peut y avoir des dommages liés au gel, avec des rameaux et branches qui meurent ou des branches qui cassent sous le poids de la neige, ou encore, comme les haies sont souvent le long des routes, des accidents de chasse-neige. Il est plus simple de réparer un arbre ou un arbuste avec toutes les propositions que la nature nous offre encore en fin de saison.

La deuxième raison est tout aussi importante, parfois méconnue malheureusement : en taillant début mars, on retarde l’apparition des bourgeons et, ainsi, on préserve les plantes des gels printaniers.

Ces deux raisons ne concernent pas les cas de floraison de printemps de quelques espèces telles que les forsythias (Forsythia intermedia et hybrides), les spirées, les wegelia (Weigelia florida), le cytise (Laburnum anagyrioides), les groseilliers à fleurs (Ribes sanguineum), le lilas (Syringa vulgaris), etc., qui, eux, doivent être taillés après la floraison, faute de quoi celle-ci disparaîtra au compost avec les branchages.

Cet automne, nous penserons donc à laisser les scies, les vendangettes et les sécateurs dans le garage ou dans la cabane de jardin jusqu’au mois de mars.

En revanche, l’automne est le moment idéal pour planter les arbres, car, comme le dit le dicton, « à la Sainte Catherine, tout bois prend racine » (le 25 novembre).

Quels que soient les arbres, arbustes, arbres fruitiers ou autres végétaux, quand on plante dans un jardin, on plante un rêve, un espoir. On se réjouit de voir les fleurs, de sentir leurs parfums, de préparer les confitures, de manger les gâteaux, de passer des soirées entre amis dans cet espace fleuri et abrité. Mais, pour réaliser ce rêve, il faut mettre toutes les chances de son côté dès le départ.

Pour réussir ses plantations, il faut donc planter au bon moment. L’adage nous rappelle que les racines poussent en hiver et qu’ainsi, au printemps, les plantes sont déjà installées, prêtes à se développer, surtout si nous n’oublions pas de les tailler. Si, pour diverses raisons, la plantation ne peut pas se faire dans l’immédiat, il faudra faire attention à protéger les racines en mettant les plantes en jauge, ce qui signifie simplement de recouvrir les racines de sable, de terreau ou de copeaux de bois, de telle manière que les racines ne dessèchent pas et ne soient pas exposées au gel.

Les végétaux qui sont plantés en automne peuvent être achetés à racines nues. Par contre, il faudra penser à les tremper dans un pralin, avant la plantation. Le pralin est une sorte de boue que l’on confectionne en mélangeant du pralin en poudre avec de l’eau ou que l’on fait soi-même (cinq portions de terre glaiseuse pour une portion de fumier de bovin ou de cheval, que l’on peut remplacer par du purin d’ortie) ; cela met de l’azote à disposition des racines. Ce mélange enveloppe les racines, les empêche de se dessécher et favorise la reprise. Ensuite, il faut mettre la plante dans son trou, dans lequel nous aurons posé préalablement un petit cône de terre, puis il faut recouvrir les racines avec du terreau et, enfin, avec la terre qui aura été sortie au moment de la creuse du trou. On tasse, on fait une belle cuvette et on arrose abondamment, comme nous le rappelle le dicton : « Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, arrose toujours ce que tu plantes. »

Le choix des plantes est crucial et, pour ce faire, il faut être attentif à différents critères : l’espace à disposition, l’ensoleillement, l’altitude, la taille des plantes à l’âge adulte. On oublie souvent qu’un arbre grandit pendant 20 ou 30 ans. Si le choix des arbres fruitiers ou des petits fruits peut se faire en fonction des goûts et des envies, parce qu’on connait les fruits et les baies, il faut quand même demander au pépiniériste si telles ou telles espèces sont compatibles avec le lieu, l’altitude, le type de sol et l’exposition.

Pour les autres plantes, le choix s’avère plus difficile parce que nous ne les connaissons pas forcément et nous n’arrivons pas à imaginer ce qui pourrait être fleuri ou utile dans le jardin. Voici une petite liste non exhaustive de choix d’arbres et arbustes pour attirer les oiseaux ou les papillons, par exemple, qui fleurissent et font de jolis fruits. Parmi eux d’ailleurs, plusieurs ont des fruits comestibles qui pourront finir en fruits frais, en gâteaux, en confitures ou en sirops :

  • Amélanchiers (Amelanchier canadensis) : fleurs blanches printanières, fruits comestibles
  • Aubépines (Crataegus oxyacantha) : fleurs printanières
  • Argousiers (Hippophae rhamnoides) : fruits décoratifs en automne et hiver, comestibles
  • Cornouillers (Cornus mas) : fleurs printanières, fruits décoratifs en automne et comestibles
  • Eglantiers et roses simples : fleurs estivales, fruits en hiver
  • Fusain d’Europe (Euonymus europaeus) : fruits en automne et en hiver
  • Houx (Ilex aquifolium) : fruits en hiver (attention seulement sur les plantes femelles)
  • Merisiers (Prunus avium) : floraison printanière
  • Merisiers à grappes (Prunus padus) : floraison printanière
  • Néflier commun (Mespilus germanica) : fruits comestibles
  • Orme Ulmus
  • Prunier de Ste-Lucie (Prunus mahaleb) : floraison printanière
  • Prunellier (Prunus spinosa) : floraison printanière
  • Sorbiers (Sorbus aucuparia) : fruits en hiver
  • Sureaux (Sambucus nigra) : fleurs printanières (sirop) et fruits en automne et en hiver ; attention, les fruits doivent être cuits pour être comestibles (confitures).

N’oublions pas que le jardin est un lieu de plaisir et de découvertes. Il peut être ce coin où chaque membre de la famille trouve son idéal, une chaise longue ou un hamac, la fantaisie gustative d’un petit potager pour les grands et les petits, un endroit agréable et convivial pour accueillir sa famille et ses amis et plein d’autres choses encore. Car, en prenant soin de la terre, nous prenons soin des hommes.

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