Normes relatives aux ascenseurs

1 novembre 2017
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Un grand nombre de normes règlementent la fabrication et la maintenance des ascenseurs

Pour que les ascenseurs comptent toujours parmi les « moyens de transport » les plus sûrs, les normes sont adaptées et renouvelées en permanence. A ce jour, la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA) a publié plus de 40 normes relatives aux ascenseurs, escaliers mécaniques et monte-charges dans les bâtiments neufs et existants. Il s’agit pour la plupart de normes européennes qui ont été reprises dans le système suisse.

Une publication des normes déterminantes pour les ascenseurs neufs a été éditée en 2014. Elle porte sur les normes EN 81-20 « Règles de sécurité pour la construction et l’installation des élévateurs – Elévateurs pour le transport de personnes et d‘objets – Partie 20, ascenseurs et ascenseurs de charges » (SIA 370.020) et EN 81-50 « Règles de conception, calculs, examens et essais des composants pour élévateurs » (SIA 370.050). Depuis le 1er septembre 2017, celles-ci remplacent définitivement les normes EN 81-1 et 81-2.

La majeure partie des nouveautés concerne la sécurité en matière de maintenance, par exemple le fait que, désormais, les espaces de sécurité dans la cabine doivent être augmentés. De plus, l’éclairage de la cabine doit être plus puissant et une sécurité plus grande est assurée pour les usagers grâce à un éclairage plus clair de la cabine et à un meilleur verrouillage des portes.

Sécurité renforcée

La norme européenne de sécurité des ascenseurs existants (safety norm for existing lifts – SNEL), qui répertorie 74 risques concernant les ascenseurs existants, a été publiée en Suisse le 1er juillet 2004. Il s’agit de la norme SIA 370.080.

Si des travaux de maintenance d’une certaine ampleur sont requis sur un ascenseur un peu ancien, il est conseillé d’en profiter pour mettre l’installation aux normes de sécurité. Dans cette liste de 74 risques, le Canton de Zurich prescrit l’examen et l’élimination de sept d’entre eux (cf. encadré ci-dessous).

Actuellement, seuls les cantons de Genève, de Glaris, du Tessin et de Zurich ont prévu dans leurs lois respectives la mise en œuvre de certains aspects de la SNEL. Il est néanmoins recommandé dans les autres cantons de vérifier ces points et d’adapter l’ascenseur le cas échéant. En cas d’accident, il faut s’attendre à ce que les tribunaux s’appuient sur cette norme et mentionnent les risques définis par les cantons qui les ont adoptés.

Ceux qui ne souhaitent pas se fier uniquement au fabricant pour la modernisation ou le remplacement de leur ascenseur ont la possibilité de lancer un appel d’offres auprès de bureaux d’ingénieurs indépendants et de comparer les offres. Les 2000 à 2500 francs qu’ils dépenseront pour le bureau d’ingénieurs seront souvent compensés par les économies réalisées grâce au choix optimal du modèle.

Dispositifs d’appel d’urgence

Les lignes téléphoniques analogiques disparaissant à la fin 2017, les dispositifs d’appel d’urgence de tous les ascenseurs devront être modernisés en Suisse. Pour les installations plus récentes, qui disposent d’ores et déjà d’un dispositif de type bidirectionnel, un simple adaptateur pour téléphone mobile suffit. Il faut juste veiller à ce que ces appareils soient compatibles avec la technologie  LTE de 3e et de 4e génération, étant donné qu’à son tour, le réseau de la 2G disparaîtra dans trois ans.

Pour les ascenseurs plus anciens, qui disposent encore d’un téléphone dans la cabine voire ne disposent d’aucun dispositif de téléalarme, la modernisation reviendra beaucoup plus cher. Outre l’émetteur mobile, il faudra changer ou installer tout le dispositif d’interphone. Swisscom propose en guise d’alternative la téléphonie IP basée sur une alimentation de secours (cf. Hauseigentümer, No 6 ∕ 2017). Cependant, les coûts d’exploitation du raccordement IP et du remplacement régulier de la batterie sont plus élevés que ceux d’une solution de téléphonie mobile. Cette solution est donc plutôt recommandée comme transition, en attendant le prochain renouvellement de l‘ascenseur.

Maintenance à distance

Parallèlement à la solution de téléphonie mobile, simple, les systèmes de M2M (machine to machine) connaissent un franc succès, en particulier dans les ascenseurs neufs. Ils permettent notamment de gérer un ascenseur à distance. Si, par exemple, le système de communication est perturbé, une commande à distance permet de mettre l’ascenseur à l’arrêt en toute sécurité, d’ouvrir ses portes et de le bloquer jusqu’à ce que la panne soit réparée.

Quelques fabricants d’ascenseurs ont commencé à saisir les données liées à l’exploitation des ascenseurs via les systèmes M2M ou à installer des capteurs dans les pièces d’usure. Cela permet aux techniciens de savoir à peu près quand et où il faudra intervenir avant que des dérangements surviennent et que les ascenseurs ne puissent être utilisés pendant un certain temps. La sécurité s’en trouve renforcée et la gestion de la maintenance, facilitée.

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